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La Vierge des tueurs voir ce complet film avec sous-titres 1080p

La vierge des tueurs - la critique du film et le test blu-ray

Sortie du blu-ray. 26 avril 2017

L'argument : Après une absence de trente ans, l’Ă©crivain Fernando Vallejo revient Ă  Medellin, oĂą il a grandi. Il y dĂ©couvre une ville en proie Ă  la violence, soumise Ă  la mafia de la cocaĂŻne. Dans un bordel de garçons, il rencontre Alexis, qui a seize ans. Originaire des quartiers pauvres, le jeune garçon tue sur commande. Vallejo va cependant vivre avec lui une relation forte, jusqu’Ă  ce que la mort la brise. Alexis est assassinĂ© par un homme Ă  moto. Seul, le romancier se met Ă  errer dans les rues de Medellin. Il croise le regard du jeune Wilmar. Une nouvelle histoire d’amour commence.

Notre avis : Lorsque La vierge des tueurs sort sur les écrans en ce mois de septembre 2000, le nouveau long-métrage de Barbet Schroeder semble venir de nulle part. Ne pas oublier que le cinéaste venait alors de passer plus de dix ans au sein de l’industrie hollywoodienne, enchaînant les thrillers avec régularité jusqu’à l’échec artistique notoire de L’enjeu (1998), polar peu convaincant avec Andy Garcia et Michael Keaton. Ayant sans doute fait le tour de la question, Barbet Schroeder opte alors pour un tournage-guérilla en plein cœur de Medellin, ville colombienne célèbre pour sa dangerosité et son nombre impressionnant de morts violentes chaque semaine. Le cinéaste retrouve avec ce projet une radicalité qui fut la sienne au cours des années 70, tout en innovant sur le plan formel puisqu’il décide de tourner l’intégralité de son métrage en HD, procédé encore peu, voire pas utilisé à l’époque.


Retournant dans le pays de son enfance, Barbet Schroeder choisit d’adapter, avec l’aide de l’auteur lui-même, le roman La vierge des tueurs de Fernando Vallejo. D’une absolue radicalité, le livre évoque la relation amoureuse entre un vieil écrivain suicidaire et un jeune homme de seize ans, sur fond de violence gratuite au cœur des cartels colombiens. Il fallait oser transposer un tel roman sulfureux à l’écran, puisque le cinéaste devait rendre sympathique un duo de personnage atypique, homosexuel, misanthrope et à la lisière de la pédophilie. La réussite majeure du métrage est d’être parvenue à filmer cette relation de la manière la plus naturelle possible. Aucun jugement moral n’est porté sur les personnages, et encore moins sur leur comportement, pourtant particulièrement douteux. Le vieil écrivain, submergé par des sentiments contradictoires – une vision nihiliste du monde, mais une attirance évidente pour toute forme de religiosité – promène son dégoût de l’humanité au cœur d’une ville symbolisant à elle seule l’enfer terrestre. Il finit par contaminer des jeunes gens influençables et en manque de repères moraux.


Dès lors, le film se transforme en un road-movie pédestre dans lequel les protagonistes éliminent un à un ceux qui perturbent leur quotidien. Cette amoralité peut naturellement choquer, même si le cinéaste se défend de porter un jugement. Par la suite, Barbet Schroeder rend hommage au Sueurs froides d’Hitchcock en remplaçant un des personnages par un double qui se trouve être l’assassin du premier. Le tout se terminant dans une atmosphère d’apocalypse qui imprègne le spectateur et touche au plus profond, faisant de La vierge des tueurs une œuvre puissante restant longtemps ancrée dans l’âme du spectateur.


Et pourtant, pour profiter pleinement de la beauté vénéneuse du métrage, il faut passer outre le procédé de la HD qui donne une image ultra-définie à l’aspect si peu cinématographique. Comme bon nombre de productions indépendantes du début des années 2000, on a du mal à supporter cette absence de zones d’ombre qui fait que l’image est d’une netteté absolue aussi bien au premier qu’à l’arrière-plan. Heureusement, le cinéaste a réalisé un gros travail sur les couleurs, ce qui permet de s’habituer progressivement et de rendre même certains plans esthétiques. Il n’empêche que ce procédé novateur à l’époque n’était pas encore pleinement maîtrisé et cela donne une esthétique vidéo frustre qui n’est clairement pas le point fort de l’œuvre. Au moins cela participe-t-il de sa singularité. Loin des expériences du Dogme de Lars Von Trier, La vierge des tueurs est une œuvre réalisée à l’aide de nombreux artifices (travellings, grues, effets spéciaux) qui permettent d’immerger le spectateur dans cette histoire d’amour désespérée et un peu folle. De quoi faire de ce film un incontournable de la filmographie protéiforme d’un cinéaste décidément passionnant.

Le test blu-ray :
Le film est disponible soit à l’unité, soit au sein du magnifique coffret consacré à Barbet Schroeder, édité par Carlotta.

Les suppléments :

Cette section commence par un entretien exclusif entre Jean Douchet et le cinéaste Barbet Schroeder d’une demi-heure. Le cinéaste revient avec passion sur la genèse compliquée du métrage, les mesures de protection nécessaires pour effectuer le tournage en toute tranquillité d’esprit, le casting, mais également sur la réception critique plutôt positive malgré des propos violents contre le métrage, accusé de pédophilie. Un supplément passionnant. On retrouve ensuite le making of d’époque (40mn) qui était déjà disponible sur le DVD édité par Studio Canal au début des années 2000. Si l’on peut regretter des redites par rapport au bonus précédent, les images du tournage viennent confirmer le souci de perfection technique d’un réalisateur en pleine possession de ses moyens. Enfin, on termine par la bande-annonce du film.

L’image :

D’une précision absolue, l’image profite du fait que le film a été tourné en HD pour être aussi nette au premier qu’à l’arrière-plan. On ne peut aucunement reprocher à l’éditeur cet excès de précision puisque cela reflète parfaitement l’expérience vécue en salle à l’époque. A noter que le blu-ray permet d’apporter une colorimétrie plus poussée rendant certains plans plus esthétiques.

Le son :

Si l’éditeur propose bien une piste française, il ne faut pas hésiter et se ruer sur la version originale en 5.1. Ce qui paraît logique pour une œuvre quasiment documentaire dans laquelle la réalité colombienne s’incarne également dans le parler populaire des jeunes délinquants, par opposition au vocabulaire châtié de l’intellectuel grammairien.